
Bach
Suites anglaises
Accentus Music
La pianiste Zhu Xiao-Mei n’avait pas donné de ses nouvelles depuis longtemps, alors même qu’elle s’était embarquée dans un programme marquant d’enregistrements d’œuvres de Bach, en un temps partagé entre la soumission au déjà lointain modèle Gould dont mille avatars n’ont pas annoncé le printemps, des lectures informées absurdes au piano qui n’aime vraiment pas les ornements excessifs et les sèches afféteries d’un Schiff.
La pianiste n’ignore bien sûr rien du travail des clavecinistes, rien des urtext, mais elle adapte le savoir à l’essence de la musique de façon pragmatique. Son Bach est naturel, va de soi dans des Suites anglaises aussi amoureusement jouées qu’énoncées de façon préméditée : elle sait où elle est et d’où elle chante, à la façon des pianistes d’autrefois qui transcendaient la question de l’instrument, en usant pleinement de celui qu’ils avaient sous les doigts.
Il y a chez Zhu Xiao-Mei une sorte d’idéalisation des styles de Kempff, Fischer, Lipatti ou encore de Nikolayeva et donc une dévotion au message universel de Bach dans des œuvres moins conceptuelles que Le Clavier bien tempéré, ou les Goldberg dont elle est une interprète d’élection.
