Le jeune pianiste a fait ses début à Beauvais dans le cadre d’une carte blanche donnée à Anne Queffélec lors du festival Pianoscope.

Gabriel Durliat © SDP

Crédit photo : SDP

(12 octobre, Beauvais, Oise)

« Pépite à découvrir » annonce le festival Pianoscope de Beauvais. La pépite en question est Gabriel Durliat, qui a la lourde tâche de se présenter dans un programme qui ressemble fort à la profession de foi d’un jeune pianiste.

Le récital est divisé en trois sections, la première étant dédiée à Bach et Mozart. Le Ricercare à 6 voix développe un chant naturel, un jeu égal, visant la fluidité des voix et de leurs interactions. C’est une approche radicalement différente que propose le pianiste dans la Sonate K.330 de Mozart, avec un allegro aux accents appuyés, et un final où Durliat incarne le geste brillant et opératique de Mozart.

Au centre du récital

Au centre du récital trône un mini-cycle Fauré, nous menant du génie mélodique de la première Barcarolle à l’intensité dramatique du dernier Nocturne. Cette Barcarolle est assombrie par le haut plafond de Notre-Dame-de-la-Basse-Œuvre, dont l’acoustique ne favorise pas un chant simple et dépouillé. Assombrie, mais pas ternie, c’est un ton un peu plus grave et un charme désenchanté que nous transmet Durliat ici. Le Nocturne n°13 est une franche réussite, par son intensité expressive, l’opulence, la profondeur et les frottements de ses harmonies. In Paradisum, extrait du Requiem et transcrit par le pianiste de vingt-trois ans, s’intercale entre les deux miniatures et sert de transition sereine entre les deux périodes du compositeur.

Pour finir, Debussy : l’Étude pour les sonorités opposées, Liszt avec une Leggierezza pleine de distinction, et ses gammes chantantes. Enfin, Chopin avec une 4ème Ballade au lyrisme naturel et une coda qui ne cherche pas la clarté d’élocution, bien impossible dans une acoustique d’église, mais qui nous transmet un vrombissement chaotique, enfermé et grisant.

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