Sensibilité musicale, maîtrise du jeu, et la tête sur les épaules… l’adolescente précoce a tout d’une grande.

Crédit Photo : Sylvain Gelineau

Elle a remplacé Khatia Buniatishvili en juin à Nantes, s’est produite à la Roque d’Anthéron en août et n’a que 14 ans… Les dons d’Arielle Beck émerveillent. Ses moyens pianistiques évidemment, qui l’autorisent à se confronter à des partitions redoutables mais, surtout, sa maturité.

Depuis ses 4 ans, le piano fait partie de son quotidien : Conservatoire Rachmaninoff, Conservatoire du 10e, CRR de Paris, Conservatoire de Saint-Maur, Schola Cantorum et, depuis la rentrée, CNSMDP, dans la classe de Claire Désert. Entre le CNED (elle est en classe de première) et les études musicales, le quotidien de l’adolescente n’a rien d’ordinaire. Pour un observateur extérieur en tout cas car, lorsqu’on dialogue avec elle, on ne peut qu’être frappé par le naturel et l’équilibre avec lesquels cette précocité est vécue. Être soutenue par Martha Argerich rencontrée au Concours Jeune Chopin de Martigny en 2018, bénéficier des conseils réguliers de Stephen Kovacevich tournerait la tête à plus d’une – et plus d’un ! Il n’en est rien chez une artiste dont le calme souriant impressionne autant que l’intelligence musicale.

« Ce qui m’inspire le plus en travaillant, c’est la recherche de la nouveauté, l’envie de décortiquer la partition au plus profond », confie-t-elle. Son sens polyphonique, son goût prononcé, toujours argumenté, pour les contrechants – son « péché mignon » – séduisent, servis par un jeu d’une grande plénitude. On n’est pas moins admiratif de sa maîtrise de la structure cyclique de certains opus – la vision qu’elle offre des Études op. 25 de Chopin laisse sans voix… L’apport d’Igor Lazko à la Schola aura été déterminant sur ce point. Tout comme le travail, fondateur, sur les Davidsbündlertänze de Schumann. Par son foisonnement, sa fantaisie, le compositeur allemand compte depuis toujours parmi les préférés d’Arielle Beck, qui se plonge souvent dans l’Humoresque, Chopin se taillant une très belle place à son côté.

Bien des bonheurs s’annoncent pour les auditeurs car, dans son jardin secret – « pour se délasser », comme elle le dit avec ingénuité –, Scriabine, Fauré et, surtout, Mozart sont très présents… Délassement qui peut aussi prendre la forme de la musique de chambre, assidûment pratiquée depuis l’âge de 6 ans, ou de la composition à laquelle la pianiste s’adonne depuis ses 8 ans.

Arielle Beck vient donc d’entrer au CNSMDP avec un métier de concertiste déjà très solide. Rien d’anormal dans l’esprit de la jeune interprète. « Ce que j’ai fait avant n’était pas un but en soi ; j’envisage mon expérience du jeu en public comme complémentaire de ce qui m’attend au Conservatoire. » La musique, d’abord.

BIO EXPRESS

2009
Naissance à Paris

2016-2021
Études au CRR de Paris (avec Anne-Lise Gastaldi et Billy Eidi)

2018
1er Prix au Concours Jeune Chopin de Martigny, rencontre de Martha Argerich

2022-2023
Études au Conservatoire de Saint-Maur (avec Romano Pallottini)

2023
Entrée au CNSMDP

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