Fiesole et la campagne toscane ont inspiré le compositeur français, ancien élève de César Franck, et mort prématurément à l’aube du XXe siècle. Son talent de coloriste s’exprime avec délicatesse dans cet harmonieux paysage.

Niveau moyen avancé

Tonalité Do mineur
Mesure 4/4
Tempo Calme sans lenteur
Style Post-romantique
Technique Legato

➜ Composé en 1895, le Paysage de Chausson représente un type de musique intime de cette fin de siècle : le portrait. Un portrait de paysage comme les compositeurs de cette époque en raffolaient, mais c’est dans un paysage tout intérieur qu’Ernest Chausson (1855-1899) nous convie et dans lequel il se confie. On sent l’influence de Wagner dont il était grand amateur (même s’il déclarait qu’« il faut se déwagneriser » !), mais on entend surtout la science discrète et à fleur de peau de Chausson, son écriture pianistique opulente et contrapuntique et ses couleurs harmoniques si personnelles, écriture qu’il enrichira encore dans son chef-d’œuvre pianistique, les Quelques danses, et dans le Quatuor pour piano.

La masterclasse

La difficulté de cette pièce sera entre autres de trouver une pâte sonore chaleureuse en conservant une grande clarté, les différents motifs étant entrelacés. Il ne faudra pas non plus abuser du rubato mais lâcher un peu la bride au tempo dans la partie centrale. Les croches motoriques, qui ne cessent quasiment jamais et dont on doit trouver le legato adéquat, ne doivent jamais plomber le discours mélodique ou harmonique, et ce sera sur ce délicat équilibre qu’il faudra se concentrer une fois la partition assimilée.