Vous avez dit claviériste ? L’ancienne élève de Marie-Josèphe Jude, Ninon Hannecart-Ségal, navigue avec bonheur entre piano et clavecin, répertoire classique et créations contemporaines.

Ninon Hannecart-Ségal ©ACADÉMIE JAROUSSKY - AMANDINE LAURIOL

Crédit photo : Académie Jaroussky – Amandine Lauriol

Une arrière-grand-mère ancienne élève d’Yves Nat, un père peintre, une mère relieuse, un oncle, Vincent Ségal, violoncelliste « qui vit la musique écoutilles grandes ouvertes » : que Ninon Hannecart-Ségal se soit laissée tenter par la musique n’étonne guère. Piano et clavecin (avec Hélène Dufour et Benjamin Steens) au conservatoire de Reims : d’emblée le futur se dessine. Certes, en intégrant le conservatoire de Saint-Maur-des-Fossés, où Romano Pallottini se promet de la faire entrer en piano au CNSMDP en trois ans, il lui faut se concentrer sur cet instrument, mais son attirance pour la musique contemporaine, pour le répertoire de percussion, signale une personnalité peu ordinaire. 2016 : objectif atteint, l’étudiante est au CNSMDP. Florent Boffard lui apporte un enseignement « méthodique, très cartésien et développe sa curiosité et son envie de ne pas faire que du piano ». Le clavecin (qu’elle travaille pendant deux ans avec Françoise Marmin) l’amène à multiplier les projets de musique de chambre avec des étudiants percussionnistes et à oser des pièces redoutables, de Xenakis ou Ohana, par exemple. Elle n’oublie cependant pas le piano… La grande rencontre se produit dans la classe de Marie-Josèphe Jude. « Une professeure entière et généreuse, qui m’a appris à organiser des idées qu’elle respectait. Sans elle, il n’y a rien » : la formule dit l’immense reconnaissance envers la femme et la pédagogue (sans oublier Jonas Vitaud, son assistant). Dans de telles conditions, elle n’en veut pas trop au Covid de prolonger d’un an la période du CNSM. C’est là aussi qu’elle comprend qu’elle n’a « aucun problème à passer du piano au clavecin, et qu’elle en tire un immense plaisir ». « Visionnaire et lucide », Cédric Tiberghien n’aura plus qu’à ajouter ses précieux conseils durant les mois passés à l’Académie Jaroussky – « apprendre se confronter aux réalités de la vie et de la carrière, à prioriser ».

Claviériste elle est donc, et ceux qui ont assisté à son concert-spectacle « Queendom » à la Scala Paris en octobre, où elle passait avec jubilation d’Aperghis à Bach, du piano au clavecin, ont pu mesurer le bonheur qu’elle y trouve et qu’elle communique au public. L’avenir déborde de projets – quatre langues, dont le chinois, devraient les aider… Fondatrice de la Société du clavecin moderne avec le facteur lyonnais Jean-Pierre Rubin, l’artiste place cet instrument au-devant de ses préoccupations. Tout comme la création : en février prochain, au Festival Présences de Radio France – maison très attentive à l’éclosion de son talent –, elle donnera la première mondiale d’une pièce du Chinois Menghao Xie. Création et re-création : de belles surprises naîtront aussi de la complicité qu’elle a nouée avec Georges Aperghis. Qui s’assemble…

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Bio express

1998 Naissance à Reims
2013-2016 Conservatoire de Saint-Maur-des-Fossés, avec Romano Pallotttini
2019 Prix Michel-Lucas CIC
2016-2022 Études au CNSMDP
2021 Révélation Adami
2022-2023 Études à l’Académie Jaroussky
2022 Entrée en résidence à la Fondation Royaumont
2023 Concertos brandebourgeois avec l’Orchestre National de France

Ses actus
4 février Création mondiale de Fading pour piano préparé et orchestre de Menghao Xie, Festival Présences de Radio France, Paris
11 février
« AurOres » avec le Chœur Spirito, Salle Molière, Lyon
14 février Récital avec Pierre Fontenelle, Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles
17 mai
Concert avec Sacha Hannecart-Ségal, Dinard
21 mai Happy Birthday Boulez, Bibliothèque musicale Grange-Fleuret, Paris