S’illustrant notamment dans le répertoire des XXe et XXIe siècles, le Duo Jatekok signe un programme ambitieux réunissant une poignée de chefs-d’œuvre romantiques sous le thème de la sorcellerie.

Il n’est pas sans audace que le Duo ouvre le bal avec la redoutable Sonate de Liszt, transcrite pour deux pianos par Saint-Saëns, dont la profondeur spirituelle est mise de côté par un jeu cherchant le spectaculaire. Desservi par une acoustique trop brouillée, le discours s’avère désorganisé, manquant de subtilité et d’homogénéité, malgré les qualités pianistiques.

L’esprit fantasque des œuvres de Dukas et de Falla se prête mieux au dynamisme des interprètes, lesquels évoquent l’enchantement de l’Amour sorcier à travers une vitalité rythmique et des tempos haletants.

Or, le pari du Duo Jatekok, reposant principalement sur des contrastes sonores et des effets de jeux, laisse peu de place à une narration réellement approfondie, comme en témoigne la traversée statique d’Une nuit sur le Mont Chauve de Moussorgski.