L’Insula Orchestra et Lucas Debargue ont partagé l’affiche du concert d’ouverture de la saison à La Seine musicale.

Lucas Debargue. Crédit photo : Dovile Sermokas
Boulogne-Billancourt, le 25 septembre
C’est une partition remarquable de Chopin que Lucas Debargue interprète à La Seine Musicale. Le Concerto pour piano n° 1, pourtant deuxième dans l’ordre de composition, discret écho au Concerto n° 2 – le premier, donc – que donnait récemment Yuja Wang à la Philharmonie de Paris. Le pianiste, distingué au Concours Tchaïkovski en 2015, ne manque pas d’impressionner le public par la facilité avec laquelle il affronte les pages de cette œuvre particulièrement délicate, accompagné par les musiciens sur instruments d’époque. Alors que la partie soliste ne s’interrompt presque jamais, l’inoxydable Lucas Debargue évolue avec aisance. Le premier mouvement est donné sans coup d’éclat, dans l’attente d’une véritable intention. C’est sur la Romance que le pianiste enrichit son jeu avec une certaine sensibilité, qui éclatera sans maniérisme dans le Rondo vivace. On est alors séduit par le doux mélange du doigté cristallin du soliste avec la sonorité brute d’un remarquable Pleyel.
En deuxième partie, Laurence Equilbey dirige la Symphonie n° 4 de Schumann. S’y déploie le talent d’orchestrateur d’un compositeur rarement approché par le prisme de ce type d’œuvre. Bien dommage, car cette ultime symphonie est autant un cri de joie et de victoire qu’un murmure intime parfaitement calibré. Et, surtout, parfaitement interprétée par l’orchestre qui en révèle toute l’intensité, et ouvre sa dixième saison de la plus éloquente des façons.
