Jean-Marc Dumontet a acquis, pour 8 millions d’euros, la marque et le fonds d’exploitation de la Salle Gaveau. L’influent producteur de théâtre privé, déjà propriétaire de cinq salles à Paris (Bobino, Point Virgule, Théâtre Libre, Théâtre Antoine et Grand Point Virgule), a détaillé sa vision pour Gaveau auprès d’un journaliste de Télérama.

Crédit photo : SDP
L’idée directrice de Dumontet est claire, il faut : « recentrer le concept ». Son ambition est de redonner ses lettres de noblesse à la Salle Gaveau et de l’imposer comme « un lieu d’excellence ». Il envisage de nombreux changements : refaire la façade, moderniser le logo, ouvrir un restaurant au sein de la salle… Mais surtout, repenser la programmation qu’il souhaite ouvrir à d’autres horizons (seul en scène, humour, créations…) et qui pâtit actuellement d’un « manque de visibilité ». Côté musique classique, des partenaires de longue date comme Philippe Maillard Productions continueront de faire partie de l’aventure. Jean-Marc Dumontet renouvelle également sa confiance en la programmatrice actuelle Marie-Automne Peyregne, qui connaît musiciens, producteurs et partenaires. La saison 2025-2026 sera annoncée au premier trimeste. Le producteur d’Alex Lutz assure ne pas vouloir faire de Gaveau un « garage ». Cependant, une question demeure : cette volonté d’élargir les genres et de développer des propositions alternatives au classique permettra-t-elle de résoudre les véritables problèmes de la Salle Gaveau ? À ce jour, le lieu souffre d’un manque de cohérence et de vision dans sa programmation qui dégrade son identité artistique, d’une absence de force de prescription et d’un système d’abonnements inexistant. La communication, clé de la modernisation, devra être totalement repensée, bien au-delà des rénovations. Il s’agit de faire un pas vers le public avec des outils modernes, de promettre une expérience et de simplifier l’offre sans la dénaturer. Ce qui est certain, c’est que Gaveau devait évoluer. Le couple propriétaire, Chantal et Jean-Marie Fournier, souhaitait céder l’exploitation après s’en être occupé pendant plus de cinquante ans et avoir sauvé la salle de la faillite. Le processus de réinvention est en marche, porté par l’expertise incontestée de Jean-Marc Dumontet dans la gestion de lieux culturels.
Mais le classique a-t-il vraiment besoin de se renouveler, a-t-il besoin d’autres genres pour soutenir une programmation intéressante ? Les modèles contraires existent. Une vision idéale aurait été une transformation s’inspirant du Wigmore Hall de Londres. Ce dernier incarne tout ce que Gaveau devrait aspirer à devenir : un temple de la musique de chambre, réputé pour son acoustique exceptionnelle et une programmation à la fois exigeante et attrayante, orchestrée par une direction qui voit loin. Ou bien, pour plus de « modernité », tournez-vous vers la Boulez Saal de Berlin. Please, copy and paste ! Ou Bitte, kopieren und einfügen, si vous préférez, on n’est pas fermés !
