➜ Très célèbre, la formule d’accompagnement en arpège brisé appelée « basse d’Alberti » est un passage incontournable de la technique pianistique. Figure majeure de l’écriture pour piano et cauchemars de certains pianistes, elle se doit d’être correctement appréhendée car elle pourrait bien être le symbole de la musique classique, ou du moins du style « classique », celui du XVIIIe siècle.

Définition

La basse d’Alberti est une réalisation instru- mentale pour jouer les unes après les autres les notes d’un accord. Généralement placée à la main gauche, elle a pour vocation d’enrichir le discours par un accompagnement plus actif que de simples accords. Il est facile de reconnaître une basse d’Alberti et elle apparaît à foison dans les chefs-d’œuvre de style classique (Mozart, Haydn, Beethoven). Elle porte le nom du com- positeur qui l’utilisa supposément en premier : Domenico Alberti (1710-1740).

Au lieu de simplement plaquer l’harmonie au piano, les notes d’un accord sont jouées toujours dans le même ordre :

1 – la note la plus grave

2 – la note la plus aiguë

3 – la note intermédiaire

4 – la note la plus aiguë

Et ce schéma se répète invariablement !

PIA143_Entre les lignes ex. 1

Exercice 1

Voici le début de la très célèbre Seizième sonate de Mozart dite « Sonate facile ». Pour bien saisir son parcours harmonique et ainsi synthétiser les nombreuses notes de la main gauche, il faut simplifier, « réduire » l’harmonie. Transformez chaque groupe de quatre croches en accord de trois notes. Il devient ainsi possible de jouer ce morceau avec uniquement des accords à la main gauche en rythme de blanche.

PIA143_Entre les lignes ex. 2

Exercice 2

Jouez votre morceau préféré dans le style de Mozart ! Voici un air très célèbre (qui n’est pas de Mozart, bien évidemment !), parfait pour la fin d’année. Je vous propose d’en faire du Mozart grâce au pouvoir de la basse d’Alberti. Changez chaque accord de la main gauche en formule de quatre croches. Et ceci est possible pour tous les styles de musique.