En cette semaine de rentrée, vous commencez le piano ? Bravo ! Cependant, avant de vous y mettre, il est préférable de connaître quelques grands principes et surtout, en premier lieu, de vous poser cette question toute simple : pourquoi est-ce que je veux jouer du piano ?

Jouer du piano, à quoi cela peut-il servir ? À éblouir mes amis ? À m’occuper les jours de pluie ? À me venger de la voisine du dessus ? Non ! La réponse est incontournable et elle est celle-ci : on joue du piano pour faire de la belle musique, une musique qui touche l’âme, qui établit une solidarité et une chaleur entre les êtres humains, et même une musique qui peut transmettre un message divin. Savoir cela est essentiel, même pour acquérir une belle technique plus tard. Bien sûr, on peut vouloir briller, mais le but que l’on doit viser avant tout est artistique : c’est la recherche de la beauté contenue dans les œuvres des grands compositeurs.

De la musique avant toute chose

Ce premier grand principe de piano, chercher à jouer beau, paraît tout simple, mais il est la base de tout, car tout vient de lui, y compris pour la technique, l’agilité des doigts. En effet, quand on aime une œuvre musicale, on veut passionnément la jouer et alors, très souvent, on trouvera en soi-même les moyens techniques pour bien l’interpréter. Aucun professeur ne peut jouer à la place d’un élève ! Sans cet amour de l’œuvre musicale, on serait vite dégoûté de la pratique de cet instrument car jouer du piano demande énormément d’efforts ! Donc, avant de commencer, demandez-vous surtout : « Est-ce que j’aime la musique par-dessus tout ? » Si vous répondez « Oui ! » à cette question avec un grand sourire, alors continuez, et lancez-vous dans cette grande et merveilleuse aventure…Cherchez toujours à faire de la « belle » musique, pour vous-même et pour votre auditoire. Écoutez autant de belle musique que possible, sur disques ou sur Internet, et en allant au concert. Écoutez les chefs-d’œuvre joués par les plus grands interprètes. Dès à présent, commencez à former votre oreille musicale par le solfège, la connaissance des accords, des rythmes et des intervalles. Dès le début, il faut apprendre à parler la langue de la musique. Comment pourrait-on faire autrement ? Sans cela, vous jouerez comme un perroquet et vous serez très vite bloqué sur des morceaux que vous aurez très envie de jouer… mais que vous ne comprendrez pas !

Apprenez à connaître votre instrument

Apprenez à écouter et à suivre un son à l’oreille. Toute note au piano commence fort, puis elle diminue petit à petit jusqu’à s’éteindre, comme le son d’une cloche (exemple ci-dessus). Souvenez-vous que le son du piano sonne naturellement plus fort dans les graves que dans les aigus. Pour vous en rendre compte, faites ce petit exercice : jouez une note très grave et une note très aiguë en même temps. Gardez le doigt dans la touche. Écoutez. Photo 1.

PIA142_Leçon 1

Que se passe-t-il ? La note grave continuer à résonner, tandis que la note aiguë s’est déjà éteinte. Pourquoi ? Les cordes du piano sont plus grosses dans les basses que dans les aigus. Quand vous allez commencer à jouer (d’abord de très petits morceaux et, plus tard, de grandes œuvres), vous devrez tenir compte de cette inégalité des sons et compenser afin de faire chanter le piano (trois exemples ci-contre). Le son commence à diminuer dès que nous l’avons joué. On ne peut plus le changer. Il ne sert donc à rien de continuer à appuyer dans la touche une fois que nous avons joué une note. Il faut au contraire s’alléger sous le doigt pour faire des économies d’énergie ! Photos 2 et 3.

PIA 142 Leçon 3
PIA 142 Leçon 4

Si vous voulez jouer vite et fort plus tard sans fatiguer vos muscles, souvenez-vous que, dès que vous avez appuyé une note, il faut alléger votre doigt dans la touche, ôter tout poids, tout en gardant cette touche simplement abaissée. Apprenez à sentir son parcours en regardant le bois le long de la touche.

Développez votre toucher

On sent le piano avec le gras du doigt et aussi parfois avec le bout du doigt. C’est grâce à ce contact de la pulpe des doigts avec le clavier qu’on sent celui-ci et donc qu’on peut jouer, même sans regarder ses mains. Apprenez à sentir vos bouts de doigts, votre clavier, et même à trouver une note en fermant les yeux ! Sentez les groupes de touches noires : bouquet de 3 notes, bouquet de 2 notes… Tâtonnez au début ! Photo 4.

Apprenez à diversifier votre toucher. À jouer fort, doux, moyen, très doux, très fort… et aussi piqué, détaché, louré, legato… Le piano ne serait pas du tout intéressant s’il fallait jouer toutes les notes avec le même son et la même force. Ce qui fait tout l’art du piano est que chaque son doit être différent. Pour cela, il faut jouer des sons forts, des sons moyens, des sons doux. On peut aussi jouer des sons liés (on dit « legato »), des sons très séparés les uns des autres : « piqués », ou encore des sons ni vraiment liés ni vraiment séparés, que l’on appelle « lourés ».

Chantez ! Si vous ne deviez retenir qu’une chose pour commencer le piano, ce serait celle-ci : au piano, nous devons essayer d’imiter la voix humaine. C’est pourquoi il faut toujours d’abord chanter la phrase, avant de la jouer, et ensuite essayer de reproduire ce que nous voulons entendre avec notre toucher…

Veillez à la souplesse de votre poignet, surtout pour respirer entre les phrases. Photo 5.

Ne bloquez jamais votre poignet en vous raidissant comme un bout de bois. Et ne bloquez pas davantage le poignet gauche que le poignet droit. Si, par exemple, votre pauvre poignet gauche est tout bloqué, c’est que vous n’avez pas dans l’oreille votre partie de main gauche…

Réfléchissez avant de jouer. Ne croyez jamais que la répétition « bête et mécanique », tout en reproduisant toujours les mêmes fautes, vous aidera à vaincre une difficulté. Cela vous dégoûterait seulement du travail du piano, et en effet, dans ce cas, vous risquez de faire beaucoup souffrir vos voisins… !