La pianiste portugaise Maria João Pires vient de fêter ses 80 ans. Cet automne, trois grands rendez-vous permettront d’approcher les différentes facettes de son jeu.

Maria João Pires ©Deutsche Grammophon / May Zircus

Crédit photo : Deutsche Grammophon / May Zircus

Depuis ses débuts, il y a plus de cinquante ans, Maria João Pires aborde le répertoire avec une pureté et une intensité inégalées. Qu’elle joue Mozart ou Schubert, c’est toujours la même science du phrasé, de la simplicité, de l’expressivité qui est à l’œuvre – ses concertos de Mozart avec Abbado sont à ce titre miraculeux.

Mais le parcours n’est pas de tout repos et la musicienne a pu témoigner d’une relation contrastée à son métier, ce qui l’a parfois éloignée volontairement de la scène. En 2018, elle avait d’ailleurs annoncé l’arrêt de sa carrière, pour finalement reprendre le chemin des salles trois ans plus tard, pour notre plus grand bonheur. « Mes excuses publiques pour avoir dit ça!, déclarait-elle en 2023 sur France Musique. J’avais besoin de revenir, je n’avais pas fini. Mais maintenant, je sens que, à tous les points de vue, ce serait sage de finir. Je ne vous dis pas quand car je n’ai pas encore pris ma décision. » Du haut de l’impressionnante carrière qu’elle s’est forgée à la force de ses (petites) mains, la pianiste au charme discret est surtout passée maîtresse dans l’art de communiquer sans paroles et de la plus juste des manières.

En septembre dernier, elle a été couronnée par le Praemium Imperiale, considéré comme le prix Nobel des arts. Créé par la Japan Arts Association en 1988, il récompense chaque année des artistes de différentes disciplines. Martha Argerich, Rostropovitch ou Dutilleux comptent parmi la prestigieuse liste de lauréats de la catégorie « musique ».

Rendez-vous cet automne

Cet automne, trois grands rendez-vous permettront d’approcher les différentes facettes de son jeu. Le premier à la Philharmonie de Paris, où elle interprétera, accompagnée par le Mahler Chamber Orchestra et la cheffe d’orchestre Elim Chan, le Concerto pour piano n° 4 de Beethoven. Une partition qu’elle a d’ailleurs déjà enregistrée aux côtés de Daniel Harding et dans laquelle elle fait preuve d’un raffinement et d’une expressivité rares. Le second concert, un récital, sera donné à Toulouse, à la Halle aux Grains. Le programme intitulé « Mes compagnons de voyages » n’est pas encore dévoilé à l’heure où nous bouclons ces lignes. Mais nul doute qu’elle traversera les pages de ses compositeurs confidents avec, comme toujours, grâce et naturel. En décembre, elle revient à la Philharmonie avec le Concerto « Jeune homme » de Mozart, Ivan Fisher et l’orchestre du Concertgebouw – une pièce qu’elle a interprétée en ouverture de la dernière édition du Festival de la Roque d’Anthéron, avec une verve toujours intacte.

Pour plus d’informations

Le 8 nov. et le 17 déc. à la Philharmonie de Paris, le 19 nov. à la Halle aux Grains, Toulouse