Une année d’éveil musical au conservatoire de Levallois, un très bref temps d’hésitation entre le violon et le piano : à 5 ans, Antonin Bonnet opte pour le clavier.

Antonin Bonnet © Amandine Lauriol

Antonin Bonnet © Amandine Lauriol

Frédérique Lagarde pose de solides bases et motive un apprenti musicien qui, un beau soir, assiste avec ses parents à un récital de Romain Descharmes à la Roque d’Anthéron. Un déclic ! Il en profite pour rencontrer son aîné et… découvrir qu’il enseigne au CRR de Paris. Il y deviendra son élève à compter de 2014. « À partir de ce moment, la musique prend la première place » dans l’existence de l’adolescent, désormais en CHAM ; « s’y consacrer le plus totalement possible devient une évidence », d’autant que la pédagogie de Descharmes, « qui prolonge les mots d’exemples très parlants », lui réussit.

En 2018, Antonin Bonnet entre au CNSMDP dans la classe de Denis Pascal, d’où il est sorti en juin dernier. Cinq ans avec le même pédagogue ? « J’ai tellement aimé que je n’ai pas voulu changer ! Il a éveillé ma conscience et m’a transmis des outils concrets ; il apprend à être actif quand on joue, à ne pas rester dans la contemplation de soi-même dans la musique. Chaque leçon apporte du nouveau, avec le souci constant de trouver le geste et le son les plus conformes à la ligne musicale. » L’année 2022-2023 aura été d’autant plus enrichissante pour le pianiste qu’il étudiait en parallèle à l’Académie Jaroussky. Auprès de Cédric Tiberghien, il a trouvé unenseignement complémentaire de celui du CNSMDP, et particulièrement inspirant : « Cédric m’a encouragé à dépasser le cadre, à oser, à savoir lâcher prise. »

Les années passées au Conservatoire ont aussi vu s’affirmer le goût prononcé du pianiste pour la musique de chambre, conseillé par Claire Désert et François Salque. Il y a expérimenté diverses combinaisons et noué de solides collaborations, avec la violoniste Iris Scialom (Duo Arborescence), avec le violoncelliste Krzysztof Michalski, mais aussi au sein du Trio Luminescence, qu’il a fondé avec Raphaël Garac et Albert Kuchinski. Solo, musique de chambre : aucune dichotomie dans l’esprit d’Antonin Bonnet. Il sait combien l’imaginaire sonore d’un pianiste s’enrichit au contact des archets, tout comme sa technique, s’agissant de la pédalisation en particulier.

Les projets d’enregistrement du jeune interprète témoignent de la variété de son univers musical. Côté solo, grâce à l’aide du Festival du Vexin, il enregistrera en cours d’année prochaine un disque-carte de visite autour trois auteurs chers à son cœur : Mozart, Chopin et Debussy. Quant à la musique de chambre, soutenu par l’Académie de Villecroze, il prépare avec la complicité d’Iris Scialom, pour le label Scala Music, un programme autour de la Sonate n° 1 de Fauré, la Sonate « Posthume » de Ravel et la rare Sonate n° 2 d’Enescu.

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