Retour sur le concert Mozart Akademie, avec David Bismuth et le Trio Goldberg à la tour Eiffel, le 5 mars.

PIA_David Bismuth ©Eduardus Lee

Crédit photo : Eduardus Lee

On se retrouve dans le sublime salon Gustave Eiffel, au premier étage de la tour Eiffel vidée de ses touristes. David Bismuth et le Trio Goldberg présentent un programme proche de leur disque récent reprenant le concept des “académies” : des concerts informels de l’époque de Mozart où se mélangent les formations musicales, où se mêlent les œuvres de différents compositeurs.

On attaque avec la Fantaisie K. 397 de Mozart, dans une vision plus ascétique que celle qu’apporte la richesse de prise du son du disque. Un dépouillement et une droiture bienvenus, notamment dans un adagio très touchant. Cette même acoustique sèche et précise qui étouffe les dynamiques posera plus de problèmes dans la Sonate XVI :34 de Haydn. Il y a une grande honnêteté du pianiste à ne pas faire vivre la sonate par une liberté rythmique ou un rubato de mauvais goût, mais le son de Bismuth se trouve enfermé dans un espace expressif restreint.

Dans ces “académies”, on n’hésitera pas à séparer deux mouvements d’une pièce en y intercalant d’autres œuvres. Un menuet de Haendel, la sonate de Haydn et le très beau Trio à Cordes op. 53, n° 1, interprété par le Trio Goldberg s’intercalent donc entre l’allegro et l’andante du Quatuor K. 478 de Mozart. Ce mouvement lent est le sommet d’émotion de ce concert, le moment où le piano prend enfin plus d’ampleur en se développant autour des cordes du Trio Goldberg.

Reste à questionner la légitimité de figer autant un concept aussi libre que celui des “académies”. Ce disque a un intérêt pour ancrer le projet. Au concert, une telle idée est pleine de promesses mais manque de naturel dans ses incessants changements de plateau et dans les prises de parole justifiant le programme. Servie par un piano aussi plaisant et les superbes cordes du Trio Goldberg, le mélange des genres et des styles serait tout à fait le bienvenu, à condition d’y amener de l’impromptu, de l’informel, de la liberté !