Si Dmitry Masleev avait marqué ses débuts avec le Premier concerto de Tchaïkovski à la suite de sa victoire au concours du même nom en 2015, le pianiste choisit des pages plus intimes du  compositeur pour son dernier album. 

Les Saisons, cycle de douze pièces, abrite l’âme confidentielle de Tchaïkovski, qui a nourri l’enfance du pianiste, petit garçon lorsqu’il découvre cette partition. Le jeu chaleureux et lyrique de l’interprète colore ces miniatures, chacune représentant un mois de l’année et dont l’écriture peu ostentatoire est mise en valeur par un toucher dosé et d’une grande clarté, se distinguant de l’approche plus flamboyante de Pletnev. Dmitry Masleev livre une interprétation sensible, imagée et colorée, empreinte d’une nostalgie subtile qu’il laisse courir tout au long du cycle, palpable dans les morceaux automnaux tels que la célèbre Barcarolle d’octobre mais teintant aussi le chant lumineux de Perce-neige (avril) et de Troïka (novembre). Sans pour autant alourdir les pièces les plus sombres, toutes portées par un élan et un phrasé naturels qui donne aussi un éclat virtuose à la Moisson d’août ou au Carnaval de février. En deuxième partie, le pianiste russe jette une lumière sur une poignée de pièces peu connues signées par des compositeurs du mythique Groupe des Cinq, autant des critiques de Tchaïkovski que des fondateurs d’un langage ardemment national auquel celui plus européen de ce dernier s’oppose. Avec une même expressivité, le pianiste dévoile la veine mélancolique des œuvres de Glinka, Cui et Balakirev, en réservant pour la fin la transcription spectaculaire d’Une nuit sur le mont chauve de Moussorgski. Véritable tour de force qui ne laisse aucun doute sur l’immense talent de ce jeune artiste, lequel défend une nouvelle sobriété et se hisse au rang des plus grands.

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