Retour sur la 38e édition du Festival Radio France Occitanie Montpellier. Le rendez-vous estival dirigé par Michel Orier a mis l’accent sur les chefs-d’œuvre de jeunesse des grands compositeurs et proposé une kyrielle de jeunes talents à l’affiche.

Festival Radio France Occitanie Montpellier, Alexandre Kantorow ©Luc Jennepin

Alexandre Kantorow © Luc Jennepin

En cette journée d’ouverture, la pianiste Jodyline Gallavardin inaugure une série de sept récitals consacrés aux jeunes solistes, parmi lesquels figurent aussi Kevin Chen et Daniel Ciobanu. La jeune Française, qui vient de signer un premier album loué par la presse, conçoit un programme d’une belle originalité autour de la nature, traversant les univers singuliers de six compositeurs. Du monde secret de Sibelius à l’ivresse de Ravel, en passant par les plus rares Peteris Vasks et Déodat de Séverac, l’interprète restitue toute la poésie de ces partitions par un jeu fluide et éloquent, d’une admirable subtilité.

Le soir, devant un Opéra Berlioz plein à craquer, c’est au tour d’Alexandre Kantorow de subjuguer le public dans le Quatrième concerto de Beethoven aux côtés de l’inimitable John Eliot Gardiner et de l’Orchestre philharmonique de Radio France. D’une main de maître, le pianiste s’attelle à ce graal du canon classique, y apposant son sceau d’inventivité et d’imagination sonore. Son approche rhapsodique et pleine d’audace ose réinventer ces pages maintes fois traversées, du tout premier accord égrené en arpège jusqu’à la cadence ultime, d’une liberté irrépressible, étonnante et parfois déroutante. Véritable parti pris devant la direction ciselée du chef, lequel tire de l’orchestre des timbres acérés et une clarté éblouissante avant de proposer une vision imagée de la Symphonie fantastique de Berlioz, d’une ampleur quasi-opératique. Le chef signe une mise en scène insolite qui frôle le spectaculaire, s’entourant de quatre harpes lors du deuxième mouvement et achevant la Marche au supplice par des cris de l’orchestre. Coup théâtral qui conquiert la salle et fait écho à l’esprit révolutionnaire de son auteur.

Le lendemain, dans l’intimité de la salle Pasteur, elle aussi remplie jusqu’au dernier rang, Alexandre Kantorow revient en compagnie de Brahms et Schubert, déployant un lyrisme d’une rare beauté et creusant une palette de nuances infinies pour livrer un récital magistral, d’une autorité stupéfiante. Une belle ouverture de festival qui tient ses promesses et donne envie de goûter à la suite de sa riche programmation.

 

Pour plus d’informations

Montpellier, du 17 au 28 juillet
Site sur festival : https://2023.lefestival.eu