Entre Montpellier et Paris, Hyuk Lee fait halte à Cahors pour la deuxième soirée du festival. L’inépuisable pianiste y conjugue à tous les temps le verbe « éblouir ».

Crédit photo : Antoine Sibelle
La salle de l’Auditorium du Grand Cahors est comble pour accueillir le vainqueur du Concours Long-Thibault 2022 qui entame la soirée avec Chopin. Dans le Nocturne op. 62 n°1, le pianiste de vingt-quatre ans, calme et d’une assurance certaine, impressionne par un son d’une rondeur saisissante, qui introduit un Chopin non pas nostalgique mais enjoué. Un parti-pris qui peu en déstabiliser certains, mais qui trouve un écho dans la Bénédiction de Dieu dans la solitude de Liszt, interprétation solaire emplie de gaieté et de sérénité. Mais le pianiste rejette toute exagération dans un naturel désarmant. Dix notes lui suffisent pour écrire un poème et les pages de Stravinski sont pour lui l’occasion de révéler ses talents de dramaturge. Grandiose dans la Suite de l’Oiseau de Feu, répondant à l’énergie requise par l’arrangement de Guido Agosti, Hyuk Lee donne déroule les strates de chaque accord et progresse sur un fil tendu à l’extrême où l’intensité n’est jamais grossière. On admire, dans Petrouchka, la cohérence de son propos musical.
Chopin a toujours été le compositeur de prédilection du jeune homme. En témoigne les trois bis du compositeur polonais qu’il offre avec humour au public. Très expressif dans le Nocturne op.9 n°2 aux derniers accords qu’il restitue tels des tintements de cristal, virtuose dans la Fantaisie-Impromptu op. 66 où la main gauche semble venir d’ailleurs et captivant dans la Polonaise « Héroïque » op. 53, il livre une lecture claire tout en sachant entretenir une part de mystère.
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