Dans son dernier album, le pianiste et compositeur israëlien nous entraîne dans une joyeuse sarabande.

Crédit photo : Matan Porat

Mon piano d’enfance

Mon seul piano d’enfance, sur lequel j’ai travaillé jusqu’à mes 18 ans, était un Yamaha droit en mauvais état. Les cordes se cassaient tout le temps et le son était ingrat ! Il a fallu créer une belle sonorité par l’imagination. Moi qui voulais tout d’abord être compositeur avant de me consacrer à une carrière de pianiste, j’avais toujours en tête un univers sonore riche et orchestral. Cette recherche m’a mené à tirer le mieux de mon instrument, et même à aller au-delà de ses limites. Devant un beau piano, le son est déjà fabriqué. Or, au final, ce travail d’imagination était beaucoup plus enrichissant.

Mon piano de travail

Depuis cette première expérience, j’ai travaillé sur de nombreux pianos – ceux de la Juilliard School lors de mes études et ensuite chez des gens à Londres quand j’étudiais avec Murray Perahia. Quand je me suis installé en Allemagne, j’ai pu enfin m’offrir mon propre piano. J’ai commencé par acheter un vieux Blüthner que j’ai échangé plus tard contre un Yamaha à queue. Et bientôt, j’aurai mon Steinway B !

Mon piano idéal

Un Steinway D. C’est un cliché, je sais ! Cependant, c’est justement cette sonorité légendaire des Steinway qui a façonné le jeu et la pensée des pianistes d’aujourd’hui, tout comme pour les compositeurs après 1920. Les pianistes savent apprivoiser ces instruments dont nous aimons la justesse du timbre et les basses dominantes. Avec sa fabrication et sa technique irréprochables, toutes les possibilités d’expression sont à ma portée, notamment à travers sa vaste palette de nuances. C’est de la pure liberté.

Le piano pour danser

Pour ce joyeux programme, j’ai voulu une sonorité brillante et timbrée, où chaque note a sa propre voix. Ce que j’ai trouvé au Reitstadel à Neumarkt, splendide salle dotée d’un magnifique Steinway que je connaissais déjà de mes précédents enregistrements. L’idée de ce disque, issue d’une envie de longue date, s’est concrétisée avec la naissance de ma fille Zoé, qui dansait in utero lorsque je jouais ces pièces et qui les aime autant aujourd’hui, deux ans plus tard ! Comme dans mon dernier disque, Carnaval, les compositeurs dialoguent à travers leurs styles inimitables, avec un masque différent pour chaque pièce. Ainsi le piano se transforme-t-il tout au long de cette danse perpétuelle.

Dances for Zoe

Mirare

Dans cette irrésistible exploration de la danse, le pianiste israélien réunit les multiples facettes d’une forme qui a su fasciner les compositeurs au cours des siècles. Une kyrielle d’œuvres signées Brahms, Adès, Scriabine, Evans, Couperin, Ravel, et bien d’autres encore, peuplent cet album conçu avec le souffle d’inventivité et d’intelligence dont fait toujours preuve cet artiste. Son toucher cristallin et expressif restitue l’univers orchestral des valses de Brahms mais sait aussi puiser dans les couleurs feutrées de Scriabine ou dans les jeux de résonances d’un rare menuet de C.P.E. Bach. Une traversée passionnante émaillée de belles découvertes, dont une valse de la plume du pianiste lui-même.

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