
Crédit photo : Dulac Distribution-collection-personnelle
« La postérité ? Je m’en tamponne !», lance un Michel Legrand octogénaire, hilare et bravache, devant la caméra. Coquetterie d’un compositeur archiconnu et reconnu de son vivant, dont les mélodies ont fait le tour du monde et ont traversé le temps ? Plutôt le cri du cœur d’un artiste qui a toujours vécu dans l’ici et maintenant de sa passion pour la musique, débordant d’envies et d’énergie jusqu’à la fin de sa vie.
David Hertzog Dessites a réussi à gagner la confiance du maestro et l’a suivi au plus près durant ses deux ultimes années. Un film-testament, donc, qui nous entraîne dans le sillage d’un génie hyperactif et excessif, sans toutefois verser dans l’hagiographie, puisqu’on y voit aussi le caractère difficile de l’éternel enfant – « un Peter Pan des temps modernes », selon le réalisateur.
La richesse des documents d’archive et des témoignages, le montage et la durée du film permettent de retracer le parcours de Michel Legrand dans tout son foisonnement – classique, jazz, variété, cinéma… – et de réécouter avec bonheur sa musique enchanteresse. Les précieuses images inédites, filmées en 2017 et 2018, apportent quant à elles un éclairage plus intime sur le créateur, le montrant notamment chez lui, en train de composer, ou en répétition avec un orchestre étranger. Jusqu’à cette scène d’anthologie du concert à la Philharmonie de Paris, traitée comme un film à suspens : jouera, jouera pas ? Épuisé, le vieux maître se mettra au piano et dirigera l’orchestre avec une allégresse juvénile. Ce sera sa dernière apparition sur scène…
Pour plus d’informations
Il était une fois Michel Legrand
documentaire de David Hertzog Dessites,
1 h 49, sortie le 4 décembre
