Le festival des Étoiles du Classique s’est achevé sur une soirée aux dimensions spectaculaires dans le parc du château de Saint-Germain-en-Laye. L’excellence des jeunes solistes était au rendez-vous.

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Crédit photo : Didier Blouin

La scène se tient aux pieds des murs du château, sous le ciel bleu revenu après une inquiétante pluie récidiviste. La programmation est exaltante pour ce concert de clôture de la troisième édition du festival. Portée par l’Orchestre symphonique des Étoiles du Classique dirigé par Nicolas Chalvin, la soirée débute avec l’ouverture du Freischütz, l’opéra de Weber, interprétée sans véritable conviction, l’ensemble manquant de précision et de relief. Il faut également s’adapter à la sonorisation de la scène qui, bien que permettant de contourner l’éternel problématique des nuances en plein-air, restitue mal les basses de l’orchestre.

La soirée décolle vraiment avec Thomas Lefort et Benedict Kloeckner dans l’Allegro du Double Concerto pour violon et violoncelle de Brahms, jetés à corps perdus dans un jeu d’amour et haine, symbiose fertile bien que légèrement maniérée qui tranche avec la noblesse et l’élégance d’Iris Scialom et de Violaine Despeyroux dans l’Andante de la Symphonie Concertante pour violon, alto et orchestre de Mozart. Le défilé de jeunes talents se poursuit avec l’épatante flûtiste Victoria Creighton qu’accompagne la baguette précise de la souriante cheffe ukrainienne Polina Lebedieva. Adélaïde Ferrière fait ensuite évènement au marimba dans Vivaldi et Rimski-Korsakov, décidément merveilleuse avec humilité et un brin de désinvolture.

La nuit est tombée lorsque Marine Chagnon interprète la « Chanson bohème » de l’acte II de Carmen. La mezzo-soprano, au charisme certain, se montre captivante, surtout dans les vocalises, mais le jeu de l’orchestre, trop lourd, manque de charme. La légèreté revient avec la Barcarolle d’Offenbach, sommet le plus délicat de la soirée. Ponctuée par les interventions toujours enjouées de Clément Rochefort, la soirée progresse dans le cadre féérique du château illuminé dans la nuit. Raphaël Sévère donne l’Adagio du Concerto pour clarinette de Mozart : la simplicité de son jeu est extrême et l’exécution, alors, brillante. Pour clore cette soirée et malgré un large dépassement d’horaires, l’orchestre, métamorphosé, interprète l’Allegro giocoso de la Quatrième symphonie de Brahms et « La chasse » du Hamlet de Shostakovitch, dans une énergie retrouvée pour un final grandiose.