Une programmation de haut vol a cette année encore donné des ailes aux spectateurs des Rencontres internationales Franz Liszt.

Jean-Paul Gasparian ©SDP

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Châteauroux, du 18 au 23 octobre

«Liszt l’athlète ! », c’est le sous-titre de la 23e édition des Lisztomanias de Châteauroux. Et il y a bien sûr quelque chose qui tient de l’exploit physique à présenter les 12 études d’exécution transcendantes comme le fait Gaspard Dehaene. Un peu plus d’une heure de musique d’une complexité extrême, et la première ascension de cet Everest pianistique (sans oxygène) par le pianiste français. Dehaene nous offre un récital inégal mais ponctué de belles réussites, notamment des Harmonies du soir au chant intérieur riche et concentré.

Jean-Paul Gasparian, lui aussi programmé dans la chapelle des Rédemptoristes, a choisi les transcriptions d’opéras de Liszt dans un récital maîtrisé de bout en bout. Un programme qui confirme tout le bien que l’on pense de ce pianiste qui nous a fait entendre quelques moments d’exception, notamment un Miserere du Trovatore grave, hautain, puissant ainsi que le superbe adagio de Spartacus de Khachaturian, que l’on entend pour la deuxième fois du week-end ! Gasparian l’avait donné dans le joyeux désordre pianistique du concert au 9 Cube, une salle de Châteauroux, la veille. Entre les Debussy, Chopin et Satie de Denis Pascal, le violon de Nicolas Dautricourt, et les improvisations de Paul Lay, Jean-Baptiste Doulcet, ou celles de Karol Beffa sur les thèmes du public.

Le récital de Vadym Kholodenko sur la scène de l’Équinoxe tient lui du tour de force. Dans Chopin, l’Ukrainien nous présente un monde onirique, grave et légendaire. On y entend un chant intérieur mélancolique. Un lyrisme solennel servi par un legato en lévitation, une splendeur de son et une richesse harmonique. La première partie Liszt, magistrale, est enchaînée sans applaudissements : les Sonnets de Pétrarque 123 & 104, une Invocation au magma d’accords orchestraux, et Après une Lecture de Dante suivi de la Tarantelle. Cette partie Liszt est conçue comme un objet esthétique à part entière : une course crépusculaire vers les abîmes. La Dante-Sonata semble irréelle avec ses sonorités graves et denses – un souffle qui fait oublier les marteaux du piano. Le pianiste joue avec la matière même de l’œuvre, pour la présenter plus grande, plus vaste qu’elle ne l’est. Ce qui nous marque avant tout ici, c’est l’ambition de Vadym Kholodenko. Son interprétation personnelle inégalée et inégalable.

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Site du festival Les Lisztomanias