Publiés à une vingtaine d’années d’écart, les deux tomes d’études de Saint-Saëns sont des documents fascinants témoignant des goûts musicaux de l’époque et de l’affinité particulière du virtuose français pour cet instrument. Enfant prodige devenu un compositeur trop souvent considéré comme réactionnaire, Saint-Saëns fut un pionnier de la technique pianistique égal à Liszt et à Ravel. L’histoire de ces douze études se révèle grâce aux préfaces éclairantes de Catherine Massip dont la plume précise creuse chaque détail concernant le contexte, la réception et l’interprétation de ces œuvres. Si l’opus 52 souligne l’admiration de Saint-Saëns pour le contrepoint germanique à travers des études en formes de préludes et fugues, l’opus 111 s’inspire du romantisme, évoqué par des sonorités oniriques et des traits de fantaisie. Ce deuxième tome en dit long notamment sur le jeu pianistique du compositeur, reconnu pour son exécution légendaire de tierces et pour son imagination sonore, dont témoigne la délicieuse 4e étude nommée « Les cloches de Las Palmas ». Destinées aux concertistes, ces belles pages retracent aussi la naissance d’une tradition pianistique française qui connaît son apogée au XXe siècle.

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