Figures emblématiques du piano à quatre mains, Arthur Ancelle et Ludmila Berlinskaya sont la colonne vertébrale de l’association Piano-Piano, qui regroupe le festival Rungis Piano-Piano et une académie destinée aux jeunes duos prometteurs. Des rendez-vous internationaux uniques en France et qui défendent un véritable art dans l’art.

Duo Berlinkaïa-Ancelle © Alpha Classics/Sylvain Gripoix

Duo Berlinkaïa-Ancelle © Alpha Classics/Sylvain Gripoix

L’ASSOCIATION, LE FESTIVAL, L’ACADÉMIE, NE SE SONT PAS CONSTRUITS ENSEMBLE ET EN MÊME TEMPS…

A. A. : En créant le festival en 2019, on a compris la nécessité de fonder une association pour promouvoir tout ce qui est autour du duo de pianos. C’est un monde extrêmement populaire mais assez méconnu des professionnels et des amateurs. Après deux années, il a semblé logique que le festival revienne dans le giron de l’association qui, entre-temps, avait créé l’académie et d’autres événements. Cela permettait une meilleure synergie.

L’ACADÉMIE PIANO-PIANO EN EST DÉJÀ À SA TROISIÈME ÉDITION. EN QUOI CONSISTE-T-ELLE ?

L. B. : Chaque année, nous organisons une sélection internationale pour les jeunes duos déjà constitués, avec une limite d’âge de 27 ans. Nous en retenons quatre ou cinq qui pourront bénéficier de masterclasses à Paris organisées avec nos partenaires tels que le CNSMDP, le CRR 93, l’École normale Cortot et le showroom Kawai. Nous invitons les plus grands spécialistes du domaine et c’est totalement gratuit pour les duos. Fin avril, c’est le concert de clôture de l’Académie salle Cortot puis, l’année suivante, ces jeunes duos participent au festival.

LA CINQUIÈME ÉDITION DU FESTIVAL APPROCHE. QUELS EN SONT LES ENJEUX DANS LE PAYSAGE MUSICAL ACTUEL ?

A. A. : En France, il n’existe pas de festival uniquement dédié à ce répertoire. Ça donne déjà la couleur. Il y a beaucoup à explorer, notamment dans la création. Cette année, nous travaillons avec un compositeur français et sur projet autour de Michel Legrand. Le festival est une opportunité que chacun attendait depuis longtemps sans s’en rendre compte. Nous souhaitons aussi faire découvrir le répertoire concertant. En Allemagne, par exemple, cette forme est très bien considérée. Nous voulons faire la même chose en France. L’année dernière, nous avons fait venir un duo américain qui n’avait jamais joué ici, malgré leur immense carrière dans leur pays. Cette année, nous sommes très heureux de faire découvrir un duo ukrainien.

QU’EST-CE QUI FAIT D’UN DUO UN VRAI DUO DE PIANOS ?

A. A. : Un duo de pianos, ce sont deux pianistes qui travaillent à la fois le répertoire pour deux pianos et celui du piano à quatre mains. Ce sont deux métiers en un. En dehors des qualités pianistiques, on voit tout de suite si un duo est un vrai duo ou pas. Les musiciens respirent, jouent et créent un son ensemble.

L. B. : Il existe des musiciens faits pour la musique de chambre, d’autres pour être soliste ou musicien d’orchestre. Et ici, il faut être chambriste. Ce n’est pas la même écoute, le même état d’esprit.

A. A. : Cela implique de modifier sa façon de toucher le piano pour que sa sonorité se fonde et mette en valeur celle du partenaire.

UNE SYMBIOSE MUSICALE, DONC. COMMENT Y PARVIENT-ON ?

L. B. : C’est un double travail, seul puis à deux. Il faut que deux solistes trouvent une complicité absolue, une sonorité commune alors que les deux instruments sont de factures différentes. Et on ne peut pas se cacher derrière l’autre. Le but est de trouver un accord, sinon, comment faire de la musique ? On peut se détester, mais on doit créer quelque chose à deux.

Pour plus d’informations

Du 2 au 6 octobre

Rungis Piano-Piano Festival

rungispianopiano-festival.com