Élève de Denis Pascal, il aime les mystères de Schubert et Debussy… On attend avec impatience que Samuel Bismut nous y plonge avec lui.

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Samuel Bismut. Crédit photo : SPD

Samuel Bismut est sans doute né à Paris, mais ses premiers souvenirs d’enfance restent associés au soleil montpelliérain. Mélomanes, ses parents le poussent vers le piano ; ils n’auront guère à insister : séduction immédiate ! Vers 10 ans, les choses sérieuses commencent avec l’entrée au Conservatoire de la capitale languedocienne où Sophie Grattard, une ancienne élève de Dominique Merlet, pose de solides bases « avec une pédagogie très efficace ». Elle saura aussi attirer son élève vers des répertoires qu’il approfondira plus tard, Albéniz en particulier. Chaque passage au Conservatoire est un moment de bonheur : « Je m’y sentais bien, j’y restais au maximum et j’ai aussi fait de l’écriture, de l’analyse et du chœur – un très beau souvenir. »

À 16 ans, le jeune artiste participe à une masterclasse de Denis Pascal, invité régulier de l’établissement. « Un véritable déclic. Son enseignement comprend une part de mystère ; il installe les élèves sur des voies qu’il leur donne envie d’approfondir. C’était philosophique », confie Samuel Bismut avec des étoiles dans les yeux, se remémorant le travail sur des Images de Debussy. « Il a une réflexion sur le geste musical que ne va jamais en sens unique mais comporte toujours un peu de son inverse. » Parallèlement à un bac littéraire, le jeune homme se prépare au CNSMDP, où il entre en 2018, chez Denis Pascal évidemment. Un enseignement dont le suivi et la complétude le comblent, même si quelques masterclasses avec tel ou telle pédagogue ont pu ponctuer son cursus. Il y bénéficie en outre des conseils de Claire Désert et de Michel Moraguès en musique de chambre et d’une initiation au pianoforte – visiblement stimulante ! – avec Daria Fadeeva.

Désormais en 3e cycle au CNSMDP, Samuel Bismut continue de travailler avec Denis Pascal. Les œuvres de Schubert les occupent souvent ; une musique dont il aime la complexité psychologique, les ambiguïtés. « Elle correspond à ma nature profonde »… Et il a souvent aussi l’occasion de la travailler à quatre mains ou à deux pianos avec son collègue et grand ami Tom Carré, entré comme lui chez Denis Pascal en 2018. On peut quasiment parler d’un duo constitué, qui a fait ses débuts publics en ouverture de la saison des Pianissimes à la salle Cortot en septembre 2023 avec Mozart, la musique française et Schubert, auteur que les deux pianistes sont fermement décidés à approfondir – que de trésors les attendent… Outre Tom Carré, le musicien aime à dialoguer avec des instrumentistes tels que la clarinettiste Anaïde Apélian, le violoniste Grégoire Torossian et le violoncelliste Takumi Morooka. Quant au répertoire de piano solo et des projets à venir, Debussy fait partie des plus indispensables compagnons de Samuel Bismut, au même titre que Schubert – les trois dernières sonates en récital le tentent beaucoup… Et il n’oublie pas Albéniz : encouragé par le prix Rosa Sabater au Concours Premio Jaén en 2022, le pianiste pourrait bien ajouter les 3e et 4e cahiers d’Iberia aux deux premiers, déjà à son répertoire. On ne saurait l’en dissuader.

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