Si le début d’année a été marqué par un nouveau procès autour des droits du Boléro de Ravel, les parutions récentes des éditions de son Concerto en sol chez Henle et chez Bärenreiter dévoilent aussi les péripéties de la publication de cette œuvre.

Ravel
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Concerto en sol pour piano et orchestre de Ravel
Réduction pour piano

L’année 2016 a fait entrer une poignée de pages de Ravel dans le domaine public en France, dont le célèbre concerto, achevé en 1931 et édité principalement par Durand, maison intimement liée aux droits de Ravel depuis le vivant du compositeur. L’entrée des maisons Henle et Bärenreiter sur le marché fournit non seulement une nouvelle accessibilité à l’œuvre mais aussi un travail musicologique plus diversifié, grâce à l’expertise de ces différentes maisons, ce qui est si essentiel d’un point de vue historique et éditorial.
Si les deux nouvelles éditions restituent noblement les intentions du compositeur à travers des choix éditoriaux méticuleux et une présentation lisible de la partition, l’édition de Henle s’est enrichie d’un seul mais important détail : la consultation du manuscrit orchestral, document portant des corrections de Ravel mais aussi de Lucien Garban, son éditeur et ami proche. Ce manuscrit appartenait à Jean-Jacques Lemoine, qui avait interdit la reproduction et la consultation sur place du document. C’est seulement en 2021 que nous apprenions, grâce à l’enquête menée par Manuel Cornejo, que le manuscrit avait été légué aux archives du Palais princier de Monaco après la mort de Lemoine en 2009, donnant enfin la possibilité à Peter Jost, éditeur chez Henle, de puiser dans cette source historique et de restituer quelques précisions jusqu’alors ignorées. Une douce victoire, sans doute, pour Henle comme pour Ravel.  Melissa Khong