La France réussit au pianiste anglais : après son succès au Concours Long-Thibaud, il fait aujourd’hui partie de la troupe d’élite de l’École normale de musique.

Crédit photo : Reinhard Geister

La France réussit au pianiste anglais : après son succès au Concours Long-Thibaud, il fait aujourd’hui partie de la troupe d’élite de l’École normale de musique.

Que de chemin parcouru ! 27 octobre 2015, Théâtre des Champs-Élysées, à Paris ; on se
souvient de Julian Trevelyan, à deux jours de ses 17 ans, recevant le deuxième prix (le premier prix n’ayant pas été décerné) du Concours Long-Thibaud. Le public, qui a eu le coup de cœur pour cet adolescent timide, est loin d’imaginer la richesse de sa formation. Une mère violoniste baroque, professeur de violon et de piano, un père altiste amateur : depuis le départ, il a baigné dans la musique. Le piano certes, mais aussi le violon et le chant choral qu’il a intensivement pratiqué à St Albans Cathedral de 2007 à 2013, puis au sein de The Abbey Singers durant les deux années suivantes. Côté clavier, Christopher Elton (professeur de Benjamin Grosvenor et de Yevgeny Sudbin, entre autres) et Elisabeth Altman ont formé celui qui n’envisage pas encore se lancer dans une carrière musicale.

Le succès au Concours Long-Thibaud, accompagné d’une bourse d’études à l’École normale de musique-Alfred Cortot, modifie son regard sur l’avenir. En 2016, il commence à travailler avec Rena Shereshevskaya – elle continue d’accompagner l’évolution d’un artiste qui, à l’instar de quelques élèves de premier plan, fait aujourd’hui partie du programme « Élite » de l’ENM. Rencontre – fructueuse ! – avec une pédagogue à la « méthode très personnelle, qui sait amener ses élèves à mettre en œuvre leurs intentions musicales et à progresser par des voies détournées ». En parallèle, le pianiste reçoit les conseils de grands maîtres lors de master classes. Reste que, lorsqu’on l’interroge sur ce sujet, ce sont les noms de deux pianistes hongrois ayant voué leur existence à l’enseignement qui viennent en premier lieu : Rita Wagner (disparue en 2021) et son mari Ferenc Rados. Grande rencontre. À l’étude du piano, Trevelyan a ajouté celle de la composition avec Michel Merlet, toujours à l’École normale, et de la directio d’orchestre avec Nicolas Brochot à Evry et Peter Stark outre-Manche. Un domaine où « la musicalité ne suffit pas », note-t-il, et qu’il aborde avec une conscience aiguë de ses exigences techniques. La place manque pour parler de l’activité de Julian Trevelyan violoniste au sein de son quatuor, de ses compositions, de son attrait pour les claviers historiques. Un musicien étonnamment complet s’offre en tout cas à nous, avec 75 concertos (!) à son répertoire et une passion pour Mozart, Beethoven (dont la totalité des 32 sonates), Schubert, Chopin et Debussy. Amoureux des chefs d’œuvre du répertoire (un superbe enregistrement chez Alpha des Concertos nos 23 et 24 de Mozart avec Christian Zacharias et l’ORF Radio-Symphonieorchester Wien l’a démontré), l’interprète sait aussi oser des partitions méconnues : 2024 verra la parution (chez CPO) du Concerto en fa majeur op. 16 de Gyrowetz (ouvrage dans lequel Chopin fit ses débuts avec orchestre à Varsovie en 1818) et d’un concerto de Cipriano Potter, tous deux sous la direction d’Howard Griffiths.

Bio Express

1998  Naissance à St Albans (G.B.)
2015  2e Prix au Concours Long-Thibaud
2016  Début des études à l’École normale de musique-Alfred Cortot
2020  Rencontre de Rita Wagner et Ferenc Rados à Vienne
2021  2e Prix, Prix du public et Prix Mozart au Concours Géza Anda (Zurich)
2022  Disque Mozart chez Alpha

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