Fin août, au Gstaad Menuhin Festival, Mitsuko Uchida – en compagnie de Jonathan Biss – nous offrait un programme Schubert. À 74 ans, la pianiste japonaise souligne avec autant de raffinement les reliefs et les nuances du compositeur, le tout avec un parfait dosage. Rencontre.

Mitsuko Uchida, son Schubert © Decca Justin Pumfrey

Mitsuko Uchida. Crédit photo : Decca / Justin Pumfrey.

« Chaque moment avec Schubert est différent. La musique est tellement incroyable qu’elle ne cesse de nous transporter. Beethoven nous prend par la gorge, mais Schubert, lui, nous guide. Il a sans doute parcouru toute la gamme des émotions humaines et nous demande de puiser dans nos propres expériences pour ressentir ce qu’il a vécu, lui qui a connu la solitude comme nul autre.

En même temps, il y a aussi une lueur dans sa musique. Sehnsucht, comme on dit en allemand. En 1824, il savait qu’il était perdu à cause de la syphilis. Il m’est impossible d’imaginer ce qu’il a enduré lorsqu’il écrivait ses œuvres dans les dernières années de sa vie. La maladie l’a transformé, et de cette épreuve est né le langage de son style tardif. La composition était une nécessité pour lui, je le crois fortement. La musique débordait de sa plume. Et elle parvient à nous émouvoir, différemment, à chaque rencontre. »

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